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ÇáÃÍÏ 17 ßÇäæä Ãæá 2017
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 Ensemble pour le salut du Liban
 Ensemble pour vivre en paix dans un Etat souverain, démocratique et moderne
ÚÏÏ ÇáãÔÇåÏÉ: 1753

La République Libanaise a 64 ans : 32 ans de paix et de sécurité entrecoupés de tensions et de crises, et 32 ans de guerres et d’occupations jalonnés de périodes de calme.

 

Nous sommes aujourd’hui à un tournant décisif :
• Soit faire marche arrière vers les trois dernières décennies de l’histoire libanaise : arène de violence gratuite pour les forces régionales, et concrétisation des illusions dont se bercent certains, croyant que leur avenir a encore besoin de sang, de souffrances et de destructions.


• Soit refaire du Liban un pays où il fait bon vivre et un Etat capable d’assumer ses responsabilités.

Aujourd’hui, notre choix est clair, à savoir poursuivre le chemin que vous avez vous-mêmes tracés à la place des Martyrs dès l’assassinat du Premier ministre martyr, Rafik Hariri. Nous sommes présents aujourd’hui afin de lancer un atelier de travail visant à définir la route à prendre pour achever l’œuvre entamée en 2005.

 

Nous comptons sur nous-mêmes et sur nos points forts :

• La liberté que nous avons farouchement défendue, la liberté d’opinion, de croyance, d’expression, de choix, de décision, et de lutte contre l’injustice, afin que nul ne puisse nous marginaliser. Nous rejetons toute limite à notre pluralité politique, intellectuelle, culturelle et sociale, à la diversité de nos intérêts et de nos sensibilités, à la liberté de notre ouverture et de notre interactivité avec autrui. Nous avons jeté dans ce pays les bases d’un régime démocratique dénué de tout racisme religieux et non gardé par un système de renseignements. Nous avons exercé la démocratie dans un environnement non démocratique, la diversité dans un milieu qui dénigre les particularités, et le progrès dans un monde attiré par les conflits et les obsessions du passé.

 

• Notre grande capacité d’action et d’influence en matière de développement et de progrès au Liban et dans la région et ce, en accordant une attention constante à la valeur de l’éducation, du savoir et de la culture. Cette valeur est primordiale dans notre monde étant donné le rôle déterminant de l’économie cognitive d’aujourd’hui. De surcroît, nous étions aux avant-gardes de la Renaissance du XIXème siècle et du début du XXème siècle et nous voilà aujourd’hui aptes à contribuer au lancement de la deuxième renaissance à travers la jeunesse résidente et expatriée et son potentiel créatif en matière d’innovation intellectuelle et de production culturelle.

 

• Notre large ouverture au monde et notre aptitude exceptionnelle à communiquer. Le peuple libanais était « mondialisé » bien avant la mondialisation et il peut profiter de sa présence aux quatre coins de cette planète afin de placer le Liban au centre du monde et le monde au centre du Liban. Nous occupons une place privilégiée au sein de la communauté arabe et jouons un rôle unique reconnu par tous nos frères et décrié uniquement par ceux qui veulent faire du Liban un champ pour leur tutelle et une scène d’influence et d’exploitation.

 

• Le plus important, à cette époque en particulier, celle du choc des identités, des religions et des civilisations, est notre rare expérience en matière de coexistence. Nous sommes les inventeurs de cette formule que nous avons vécue puis contredite en temps de guerre et retrouvée enfin après l’échec des formules alternatives. La coexistence est un mode de vie qui offre à l’homme une chance de communication et d’interaction avec l’autre différent de manière à enrichir sa personnalité par les apports d’autrui et vice-versa. C’est un mode de vie basé sur la reconnaissance et le respect de l’autre dans sa singularité et son unicité, sans chercher à l’éliminer ou à l’assujettir.

 

Pour renouveler la vision et l’orientation, il faudra révolutionner nos concepts culturels.

Dans son histoire moderne, le Liban n’a jamais été aussi violemment divisé. Cette division n’est pourtant pas de nature confessionnelle, étant donné que les deux protagonistes comprennent chrétiens, musulmans et laïcs. Elle n’est pas non plus d’ordre politique dans le sens étroit du terme parce qu’elle dépasse le conflit entre la majorité et la minorité sur la gestion de l’Etat pour pivoter sur la nature et le rôle de l’Etat. La dimension culturelle est la plus profonde dans cette division, où deux conceptions différentes du monde se confrontent :
• Une conception qui repose sur la culture de paix, de coexistence et d’interaction avec ce différent autrui ;
• Une conception fondée sur la culture de violence et de séparation, qui considère que l’affirmation de soi est tributaire de l’éloignement de cet autre différent jusqu’à son élimination ou son assujettissement.

La différence entre ces deux cultures est radicale:

 

• Pour la culture de paix et d’interaction avec autrui, les droits des citoyens doivent être égaux dans l’absolu et les communautés au Liban sont des groupes qui doivent bénéficier de garanties égales. En outre, leur protection émane de la présence d’un Etat qui assume la responsabilité d’assurer la sécurité à tous. Quant à la culture de violence et de séparation, elle considère les citoyens comme de simples entités numériques au sein de leurs communautés, et ces dernières comme des minorités constamment menacées dans leur existence et leur libre présence. De ce point de vue, chacune d’entre elles doit par conséquent œuvrer pour sa propre protection à l’abri des autres et souvent en les affrontant.

 

• La culture de paix et d’interaction avec autrui repose sur la diversité, l’ouverture culturelle et l’interaction. La culture de violence et de séparation se base quant à elle sur la division du monde entre bien et mal, foi et impiété, et pousse l’homme à craindre de vivre avec l’autre différent et à se positionner inconditionnellement derrière les forces les plus extrémistes de son milieu. Cette culture exploite les facteurs de refoulement et de peur afin d’inciter les communautés à solliciter « des protections extérieures » dans une tentative visant à modifier les rapports de force intérieurs via un appui de l’étranger conforme à ses exigences.

 

• La culture de paix et d’interaction avec autrui estime que la condition de vie dans une société qui se distingue par la diversité et la pluralité réside dans l’état de droit et la justice pour toutes les catégories sociales, y compris les hommes du pouvoir. Elle se fonde sur le respect de la victime en la qualifiant de victime, sans discrimination aucune. En revanche, la culture de violence et de séparation respecte la victime selon l’identité politique du «bourreau ». C’est pourquoi il y a désormais de « bons » et de « méchants » bourreaux, des victimes « bonnes » et d’autres « méchantes » !

 

• La culture de paix et d’interaction avec autrui œuvre pour purifier la mémoire et tourner la page du passé en avouant la responsabilité collective et individuelle pour les péchés de guerre et en considérant toutes les victimes comme des martyrs de la patrie, afin que les Libanais –y compris les victimes- ne demeurent pas répartis en traîtres et en héros. C’est un effort déployé par la plupart des Libanais au cours des quinze dernières années pour surmonter la guerre et purifier la mémoire. La culture de violence et de séparation s’appuie par contre sur une « mémoire sélective » qui fait émerger des crimes et pardonne d’autres afin d’empêcher toute retrouvaille.

 

• Pour la culture de paix et d’interaction avec autrui, la religion sert de pont entre les Libanais partant de leur conviction que la religion appartient à Dieu alors que la patrie appartient à tous. La culture de violence et de séparation œuvre, quant à elle, pour le monopole du sacré et s’arroge, au nom de ce sacré, le droit de déterminer le bien et le mal et d’accuser ses adversaires d’impiété et de traîtrise. Ce monopole du sacré est à l’origine du fanatisme religieux.


• La culture de paix et d’interaction avec autrui vise à convaincre l’adversaire et à chercher des espaces communs avec lui. La culture de violence et de séparation utilise en contrepartie le discours politique pour « tuer » l’adversaire symboliquement et moralement à travers les mensonges, les offenses et les accusations de traîtrise, pavant la voie à ceux qui cherchent à le tuer physiquement.

 

Notre avenir national est tributaire de notre aptitude à instaurer la culture de paix et d’interaction dans notre vie nationale, ce qui requiert des décisions radicales :

 

Premièrement : La décision de consolider notre indépendance en réalisant l’unité nationale, condition pour devenir indépendant de l’étranger. Elle consiste à surmonter les conflits confessionnels qui ont ensanglanté notre pays un demi-siècle durant et à s’atteler, conformément aux accords de Taëf, à l’édification d’un Etat civil et moderne fondé sur la séparation des droits des citoyens et ceux que l’Etat est tenu d’assurer sans discrimination aucune d’une part, et les garanties que l’Etat se doit d’offrir aux communautés concernant leur existence et leur libre présence d’autre part. La création d’un Etat démocratique, moderne, civil et libéré de toutes les contraintes confessionnelles et clientélistes qui obstruent le travail de ses institutions, éliminent le principe de compétence et entravent l’efficacité de l’économie et la justice sociale, affranchit les communautés du « complexe de la peur de l’autre » qui est à l’origine de toutes les politiques confessionnelles. Aussi l’autre ne devient-il plus cet adversaire à affronter sans cesse puisqu’il représente un danger existentiel permanent pour soi, mais il se mue en un élément complémentaire et nécessaire pour soi. Les obsessions et les appréhensions cessent d’être, sous ce nouvel angle, le principal moteur de l’histoire libanaise.

 

Deuxièmement : La décision de préserver notre souveraineté en accélérant la remise en ordre des institutions de l’Etat et d’attribuer à l’Etat exclusivement la mission d’assurer la sécurité de tous, individus et groupes. Par conséquent, et selon la définition de tout Etat qui mérite cette appellation, l’Etat sera le seul titulaire du droit de posséder une force armée, pour qu’il n’y ait pas au Liban deux armées obéissant à deux autorités différentes : l’autorité de l’Etat libanais et l’autorité d’un Etat étranger.

 

Troisièmement : La décision de protéger notre indépendance en restituant à l’idée de résistance son prestige, cette résistance qui est un droit appartenant au peuple libanais pour défendre son existence, son territoire et sa liberté, en tant que support destiné à promouvoir la force de l’Etat. En fait, la résistance est fondée sur les points forts, et non les points faibles, du peuple, et sera plus puissante face au danger extérieur si la société est unie, l’Etat efficace, l’armée forte et l’économie active. Une résistance ne s’appuie pas sur la distinction entre une majorité « traîtresse » et une minorité « patriotique ». Une résistance ne mène pas à relier le sort des gens aux dons et aides humanitaires. Une résistance ne se fonde pas sur l’élimination de la décision nationale au profit des intérêts étrangers. Le but final de la résistance est de construire un Etat libre et souverain. Telle est la réalisation qui détermine son succès ou son échec. 

 

Quatrièmement : La décision de garantir notre indépendance en assurant les conditions arabes propices, à travers les démarches suivantes :

1- S’engager dans la bataille qui fait rage dans le monde arabe afin de se détacher des partis pris politiques et intellectuels dictés par la guerre froide pendant plus d’un demi-siècle et de recouvrer le droit à maîtriser son propre sort et son avenir. Dans ce combat pour la restructuration politique, le monde arabe fait face à des forces régionales, à savoir Israël et l’Iran, qui tentent d’empêcher son progrès et de remplacer les puissances mondiales pour être les maîtres de son sort. Ces forces régionales sont liées aussi bien par la complicité que par l’hostilité : elles sont complices d’une part dans cette confrontation menée contre les Arabes, et se disputent d’autre part le pouvoir et l’hégémonie dans la région. Le terrorisme exercé contre le monde arabe, serait-il par des forces armées régulières ou par des groupements secrets, est causé par cette complicité objective qui a fait avorter « les Accords de la Mecque » entre les Palestiniens et qui s’acharne à faire échouer l’initiative arabe de paix. Cette complicité se manifeste sans doute le plus clairement par la protection internationale qu’Israël s’emploie à garantir au régime syrien dans sa guerre contre le Liban.

 

2- Rejoindre et appuyer le changement dans le monde arabe qui assiste à l’émergence d’un système régional arabe nouveau et moderne, loin de l’ancienne démagogie. Cette transformation a été consacrée par la « Déclaration de Riyad » issue du sommet de la Ligue arabe en mars 2007, qui a jeté « les bases arabes » d’une culture de communication face à la culture de ségrégation qui continue de prévaloir dans la région, et ce, en réaffirmant que « l’arabité ne constitue point une notion ethnique et raciste mais une identité culturelle (...), voire un cadre civilisé commun basé sur les valeurs spirituelles, morales et humaines, et enrichi par la diversité, la pluralité et l’ouverture à toutes les cultures humaines, ainsi que l’adhésion aux progrès scientifiques et techniques croissants…» La « Déclaration de Riyad » accorde également la priorité au « choix de la paix juste et globale, puisqu’il s’agit d’un choix stratégique des Etats arabes. » Elle souligne l’importance de la « diffusion de la culture de modération, de tolérance, de dialogue et d’ouverture ainsi que le refus de toutes formes de terrorisme, de fanatisme et d’extrémisme. »

 

3- Tourner la page du passé et normaliser les relations avec la Syrie. Cet objectif sera réalisé par le retour du régime syrien au giron arabe, après qu’il a été transformé en un cheval de Troie contre le monde arabe. Ce régime est tenu de proclamer sa reconnaissance de l’indépendance du Liban, le respect de sa souveraineté à travers l’échange d’ambassades et la démarcation des frontières libano-syriennes. Aussi devrait-il cesser de considérer le Liban comme une « province » arrachée à la patrie-mère sous la colonisation. L’Etat syrien est invité également à reconnaître que la légitimité de l’entité libanaise est égale à celle de toutes les autres entités arabes, y compris l’entité syrienne. En partant de ces principes, un « compromis historique » sera possible et permettra d’élaborer un projet conjoint qui transformera les deux pays en un axe de renouveau dans le monde arabe. Ce compromis a été évoqué par une élite de politiciens et d’intellectuels syriens et libanais dans la « Déclaration de Beyrouth-Damas/Déclaration de Damas-Beyrouth » (mai 2006) qui a passé en revue l’histoire des relations entre les deux pays, en fixant les principes de leur réajustement.

 

4- La décision de tourner la page du passé douloureux des peuples libanais et palestinien, conformément aux principes établis par l’Organisation de libération de la Palestine dans la « Déclaration de la Palestine au Liban » (janvier 2008). Cette dernière constitue la première autocritique de l’ancienne expérience palestinienne au Liban, pavant la voie à l’engagement d’un dialogue libano-palestinien profond, d’autant plus qu’elle exprime l’attachement « entier et sans réserve » à la « souveraineté et l’indépendance du Liban, sous l’ombrelle de la légalité libanaise et sans ingérence étrangère dans les affaires intérieures », ainsi que l’attachement au « droit au retour et le refus de l’implantation palestinienne et du déplacement », et qu’elle réaffirme que « l’arsenal palestinien doit être soumis à la souveraineté et les lois de l’Etat libanais, selon les exigences de la sécurité nationale libanaise définie et garantie par les autorités légales libanaises. » En contrepartie, l’Etat libanais se doit de soutenir l’Autorité nationale palestinienne et son droit à créer son Etat indépendant, et de garantir une vie décente aux Palestiniens qui résident au Liban en attendant leur retour à leur patrie.

 

Pourquoi le Liban est-il en proie à cette attaque violente et récurrente depuis trois ans ? Pour assurer la participation au pouvoir réclamée par la partie adverse, pour voter une nouvelle loi électorale ou pour améliorer la situation de l’électricité ? L’assassinat des leaders, la provocation d’une guerre contre Israël, l’occupation du centre de Beyrouth, le lancement d’une intifada armée contre le gouvernement, l’agression de l’armée, la tentative de créer un émirat islamique au Nord, le meurtre de soldats de la FINUL et d’autres actes de violence visent-ils à réaliser ces revendications ? Ou l’objectif est-il plutôt de refaire du Liban une province syrienne et une tête de pont pour l’Iran en Méditerranée ?

 

Nous avons tendu la main à tous après l’assassinat du Premier ministre martyr, Rafik Hariri, afin de tourner tous ensemble la page de l’hégémonie syrienne et de paver la voie à une nouvelle période sans vainqueur ni vaincu.

 

Nous avons réitéré notre appel au dialogue et l’avons renouvelé à la fin de l’agression israélienne durant l’été 2006 et puis après l’adoption du tribunal international au printemps 2007.

 

Aujourd’hui, en tant que majorité populaire et parlementaire, nous réinvitons tout le monde à surmonter les différends et à participer à une autodétermination commune à condition que le salut du Liban soit pour tout le Liban ou ne soit pas. Cette participation doit se baser sur les constantes nationales unanimement approuvées par les Libanais et fixées par les Accords de Taëf, les résolutions du dialogue interlibanais et celles de la légalité internationale, afin que nul à l’étranger ne demeure un partenaire dans la décision intérieure.

 

Ces points de départ sont le fruit de la réflexion et de la lutte communes des participants à cette conférence aujourd’hui et de l’opinion publique massive à l’extérieur de cette salle. C’est sur ces points de départ que nous nous baserons pour en développer le contenu et les détails, et ce, par le biais de rencontres et d’ateliers de travail élargis afin de les adopter dans le cadre d’une vision globale que nous déclarerons à l’issue des travaux de cette conférence lancés aujourd’hui.

 

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